Elitenews.com/Premier producteur mondial de noix de cajou depuis 2015, la Côte d’Ivoire a réussi son pari industriel : transformer l’« or gris » sur son sol. Cependant, alors que l’industrie arrive à maturité, le débat sur le maintien des aides publiques s’intensifie. Entre performance industrielle et souveraineté économique, le secteur est à la croisée des chemins.
L’ambition de la valeur ajoutée
Produire massivement ne suffit plus à la stratégie ivoirienne. Depuis près d’une décennie, le mot d’ordre est clair : créer de la valeur localement. Pour passer du statut d’exportateur de matière brute à celui de leader de la transformation, l’État a déployé un arsenal de mesures incitatives dont les Primes à l’exportation pour les produits finis ; les Exonérations fiscales massives ainsi que les Facilités douanières pour l’importation de technologies de pointe.
Un bilan industriel spectaculaire
L’efficacité de ce « plan Marshall » du cajou est incontestable. En seulement sept ans, les volumes transformés ont bondi de 43 700 tonnes à 344 000 tonnes. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est le moteur de l’agro-industrie régionale : deux noix sur trois transformées sur le continent africain le sont dans des usines ivoiriennes. Les sites de production, désormais modernes et performants, tournent à plein régime.
Le dilemme du soutien public
Pourtant, malgré ces succès, une interrogation s’installe dans les cercles économiques : le cycle des subventions touche-t-il à sa fin ? Si ces aides ont permis de lancer l’industrie, leur pérennité pose question.
Le risque d’un retrait brutal est réel. cela pourrait entraîner deux situations. la première la fragilisation des PME : Les petits et moyens transformateurs locaux, dont la rentabilité reste fragile, seraient les premières victimes d’une fin des subventions. Et la seconde, la Résilience des grands groupes : À l’inverse, les grandes unités industrielles, souvent adossées à des capitaux étrangers, disposent d’une agilité et de reins assez solides pour absorber ce choc.
L’enjeu de la transition
La question n’est plus de prouver la viabilité de la transformation en Côte d’Ivoire, mais de réussir son autonomisation. La durabilité du secteur dépendra de sa capacité à passer d’un modèle subventionné à un modèle compétitif par sa propre productivité.
Le défi pour les autorités est désormais de piloter une transition millimétrée : réduire l’accompagnement financier sans briser la dynamique industrielle qui fait aujourd’hui la fierté de l’économie nationale.
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