Elitenews.ci/Après la démission de l’équipe Beugré Mambé, le mercredi 7 janvier 2025, tous les regards sont tournés vers le Palais de la Présidence. Au-delà des noms, c’est le squelette du futur gouvernement qui se dessine. Une équipe de mission, calibrée pour transformer l’ambitieux Plan National de Développement (PND) 2026-2030 en réalités concrètes pour les Ivoiriens.
La Côte d’Ivoire s’apprête à accueillir un exécutif taillé pour la transformation structurelle. Le prochain cabinet ne sera pas qu’un simple rééquilibrage politique. Il constitue la clef de voûte de la stratégie d’émergence du Président Alassane Ouattara. Sa mission première sera de piloter les premières réformes du PND 2026-2030. Le mercredi 31 décembre 2025 à l’occasion de son adresse à la Nation, le Chef de l’État a décliné les grandes lignes de son ambition pour une Côte d’Ivoire moderne, inscrite dans le nouveau Plan National de Développement (PND) 2026-2030.
“À travers ce nouveau contrat social que nous entamons, je réaffirme mon engagement à poursuivre la construction d’une « Grande Côte d’Ivoire, ambitieuse et solidaire » ; une Nation forte, respectée, performante et souveraine.
Dès cette année 2026, nous poursuivrons les grands chantiers de modernisation de notre pays. Les infrastructures routières, ferroviaires, énergétiques et hydrauliques continueront de structurer le territoire et de renforcer l’intégration nationale” a promis Alassane Ouattara
Ce plan, qui vise une croissance plus inclusive et une industrialisation accélérée, impose un « squelette » gouvernemental resserré et technique. On s’attend à la montée en puissance de ministères transversaux dédiés à la souveraineté énergétique, à la digitalisation de l’administration et à la transformation agro-industrielle.
Les trois piliers de la nouvelle dynamique
Selon les premières indiscrétions, l’architecture du nouveau gouvernement devrait s’articuler autour de trois axes majeurs. A savoir le pôle économique et financier en vue de consolider la résilience du pays face aux chocs mondiaux tout en optimisant la mobilisation des recettes domestiques. ainsi que le pôle social et infrastructurel pour poursuivre le maillage du territoire (routes, électricité, eau) tout en renforçant l’accès à l’habitat social et à l’éducation. Et le pôle innovation et contenu local : Soutenir l’entrepreneuriat national pour faire émerger des champions ivoiriens au sein des chaînes de valeur régionales.
Une exigence de performance pour le futur gouvernement
Ce futur gouvernement aura la lourde tâche de placer durablement la Côte d’Ivoire sur les rails d’une croissance de qualité. Le Chef de l’État devrait privilégier des profils de « managers » capables de respecter des délais de réalisation très courts, dans un contexte où l’efficacité et la bonne gouvernance sont devenues les maîtres-mots du sommet de l’État.
Selon le Rapport pays 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), la pérennité du succès de la Côte d’Ivoire dépendra de la capacité du pays à mieux valoriser ses gisements de capital naturel, humain et financier.
En dépit d’ une croissance robuste de 6,1 % en 2024, le modèle ivoirien arrive à une étape charnière. Le pays bénéficie d’une inflation maîtrisée (3,5 %) et d’un assainissement progressif de ses finances publiques. Le déficit budgétaire, ramené à 4 % du PIB, témoigne d’une gestion rigoureuse, tandis que le secteur financier reste solide avec un ratio de solvabilité de 13,8 %, bien au-delà des normes communautaires. Sur le plan extérieur, l’attractivité du pays se confirme : les Investissements Directs Étrangers (IDE) ont enregistré une progression spectaculaire de 65 % en un an.
Ces détails à “parfaire” par la nouvelle équipe gouvernementale
Selon l’institution financière de développement multilatérale régionale, le gouvernement doit se pencher sur les questions de déforestation et l’absence d’une comptabilité environnementale rigoureuse pèsent sur la durabilité du modèle. Pour la BAD, l’enjeu est de transformer ces ressources extractives et agricoles en leviers financiers durables, plutôt que de simplement consommer le stock naturel. Par ailleurs, ce partenaire de développement préconise à la Côte d’Ivoire d’ accélérer sa transformation structurelle, en mobilisant 3,2 milliards de dollars supplémentaires chaque année. Ces obstacles majeurs freinent cette ambition. Il s’agit dans un premier temps pour la nouvelle équipe de trouver le mécanisme adéquat pour résoudre la difficulté de la faible pression fiscale. À 13,8 % du PIB, elle reste loin de l’objectif de 20 % fixé par l’UEMOA, principalement à cause du poids du secteur informel. d’optimiser le capital humain et élaborer une politique entrepreneuriale plus percutante.
Champions nationaux, le pari d’une politique entrepreneuriale de rupture
Bien qu’elles constituent 95 % du tissu économique, les PME ivoiriennes butent encore sur l’obstacle du financement à long terme. Face à ce goulot d’étranglement, la BAD appelle à une accélération des réformes de gouvernance et à une formalisation plus audacieuse de l’informel. L’enjeu est crucial : dynamiser le marché financier national pour que le capital privé devienne le véritable moteur de la croissance, prenant ainsi le relais de l’investissement public. Pour la Côte d’Ivoire, le défi n’est plus seulement de croître, mais de transformer cette dynamique en une prospérité qualitative, inclusive et durable.
Alors que la nouvelle législature s’apprête à siéger, l’attente est à son comble. Ce remaniement marquera le véritable coup d’envoi de la « Grande Côte d’Ivoire », plus forte, plus solidaire et résolument tournée vers ses objectifs de 2030.
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