Elitenews.ci/La Côte d’Ivoire a franchi une étape historique dans ses échanges extérieurs au troisième trimestre 2025. Portée par une envolée spectaculaire des exportations, l’économie ivoirienne affiche une vigueur commerciale inédite, témoignant de la solidité de ses filières stratégiques et d’une résilience macroéconomique renforcée.
Entre juillet et septembre 2025, la valeur globale du commerce extérieur ivoirien a bondi de 28% sur un an. Le fait marquant réside dans l’explosion du solde commercial. Il culmine Un solde commercial record à 1 442,6 milliards FCFA, contre 121,7 milliards au troisième trimestre 2024. Ce bond prodigieux, qui multiplie l’excédent par dix, se traduit par un taux de couverture exceptionnel de 153%. En clair, la Côte d’Ivoire exporte désormais 1,5 fois plus qu’elle n’importe en valeur, marquant un déséquilibre structurellement favorable au pays.
Le caoutchouc, l’or et l’anacarde comme moteurs de croissance
Les exportations globales ont atteint 4 162,9 milliards FCFA à fin septembre 2025, progressant de 51,4% en valeur. Cette performance exceptionnelle repose sur quatre piliers dont le caoutchouc et ses dérivés. Le pays est le premier contributeur avec 623,3 milliards FCFA (+47,1%). Les métaux précieux notamment l’or et le platine suivent de près avec 616,2 milliards FCFA (+28,2%). Puis vient l’anacarde, symbole de diversification. Les amandes et noix ont grimpé de 74,4% (363,5 milliards FCFA). Avec une hausse fulgurante de 74,4 % de ses revenus d’exportation au troisième trimestre 2025 (363,5 milliards FCFA), la noix de cajou ne se contente plus d’être une culture de rente, elle est devenue un instrument de souveraineté. Cette performance exceptionnelle s’explique par deux facteurs conjoints. celui de la remontée des cours mondiaux de l’amande et, surtout, la montée en puissance de la transformation locale. En traitant une part croissante de sa production sur le sol national, la Côte d’Ivoire capte désormais une valeur ajoutée qui lui échappait autrefois. Le Vietnam, autrefois simple acheteur de noix brutes, devient un partenaire stratégique dans la chaîne industrielle, tandis que de nouveaux marchés en Asie et en Europe s’ouvrent aux amandes Made in Côte d’Ivoire.
Le double coup d’éclat pétrolier
Concernant le pétrole brut, l’un des quatres piliers de la performance ivoirienne, il connaît une poussée fulgurante de 89%, totalisant 343,1 milliards FCFA. Le secteur pétrolier réalise un grand écart budgétaire particulièrement rentable au troisième trimestre 2025. les exportations de brut s’envolent de 89 %, tandis que les importations de pétrole brut s’effondrent de 66 %. Ce basculement historique est le fruit de l’entrée en régime de croisière des gisements majeurs comme Baleine.
En produisant davantage pour l’international (+343,1 milliards FCFA de recettes), la Côte d’Ivoire réduit simultanément sa dépendance aux achats extérieurs de brut pour ses propres besoins. Cette autonomie naissante soulage considérablement la réserve de devises du pays. La facture d’importation reste toutefois grevée par les produits raffinés (+21,4 %), soulignant l’importance vitale du projet de modernisation de la SIR pour parachever cette indépendance énergétique.
Une diplomatie commerciale multi-directionnelle
La géographie des ventes s’élargit. Si l’Europe et l’Asie dominent, la Suisse (548,4 milliards FCFA) et la France (525,8 milliards FCFA) restent les deux premiers clients. Ils sont talonnés par les Pays-Bas, le Mali et le Vietnam. Ce top 10 des destinations, incluant également la Chine et les États-Unis, absorbe 66,5% des exportations nationales, consolidant le rôle de la Côte d’Ivoire dans le commerce mondial.
Des importations maîtrisées malgré la hausse de la demande
À l’inverse, les importations progressent de façon modérée (+3,5%), s’établissant à 2 720,2 milliards FCFA. Si les achats de véhicules (+28,5%) et de machines (+9,3%) reflètent une reprise vigoureuse de l’investissement intérieur, la facture globale a été contenue par la chute drastique de 66% des importations de pétrole brut.
Côté fournisseurs, la Chine conserve son leadership (525,7 milliards FCFA), devançant le Nigeria et la France dans un classement où les neuf premiers partenaires représentent près de 60% des approvisionnements ivoiriens.
Vers une transformation structurelle des acquis
Cette performance exceptionnelle au troisième trimestre 2025 conforte la soutenabilité macroéconomique du pays. L’enjeu pour le gouvernement est désormais de transformer cet excédent conjoncturel en moteur de développement durable. Pour y parvenir, la Côte d’Ivoire mise sur l’accélération de la valeur ajoutée locale afin que ses exportations ne soient plus seulement des matières premières, mais le produit d’une industrie nationale souveraine.
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