(Abidjan, le mercredi 30 juillet 2025) – L’annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat continue de faire réagir la classe politique ivoirienne. Ce mardi 29 juillet 2025, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro, a publié une déclaration virulente sur ses réseaux sociaux, dénonçant ce qu’il qualifie de « violation flagrante » de la Constitution et « d’usurpation du pouvoir ».
Dans un ton grave et sans détour, Guillaume Soro accuse le chef de l’État de se livrer à une nouvelle « mise en scène » après un suspense « simulé » autour de sa candidature. Pour l’opposant en exil, cette décision n’est rien de moins qu’un acte de défi à l’égard de la démocratie et des principes républicains. « Alassane Ouattara ne veut pas quitter le pouvoir, comme tout bon dictateur qui se respecte », déclare-t-il.
L’ancien Premier ministre rappelle qu’en 2020 déjà, le président Ouattara avait invoqué un « cas de force majeure » pour briguer un troisième mandat controversé. Cinq ans plus tard, il récidive avec les « mêmes arguments éculés », selon les termes de Soro : insécurité, défis économiques, et nécessité de stabilité. « Des prétextes utilisés pour justifier l’injustifiable », assène-t-il.
Un contexte politique jugé inquiétant
Guillaume Soro peint un tableau sombre de la situation actuelle du pays. Il dénonce une opposition « embastillée », une démocratie « bâillonnée », et une liste électorale « totalement truquée ». Pour lui, le processus électoral est d’ores et déjà discrédité, et le risque d’instabilité est réel.
« L’histoire récente de notre pays rappelle combien les violations répétées des règles du jeu démocratique conduisent immanquablement à des crises majeures », avertit-il. Il exhorte les Ivoiriens à ne pas céder au fatalisme ni à la peur, et à se mobiliser pacifiquement pour défendre la Constitution, la justice et la liberté.
Un appel à la résistance civique
Dans sa déclaration, le président de Générations et Peuples Solidaires (GPS) appelle le peuple ivoirien à faire face à ce qu’il qualifie de « responsabilité historique ». Il oppose deux choix : « se soumettre à une dictature qui ne cache plus son visage, ou se lever, dans le respect de la légalité, pour défendre la Constitution ».
Alors que le climat politique s’électrise à l’approche de l’élection présidentielle prévue en octobre, la sortie de Guillaume Soro marque une nouvelle étape dans la cristallisation des tensions entre pouvoir et opposition. Reste à savoir si son appel sera entendu au sein d’une société civile fragilisée et d’un espace politique sous haute surveillance.
Charles Succès
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