Joel Kuegah, Consultant Open Moïse et CERCO université- « Les entreprises attendent des startups des innovations qui impactent la jeunesse »

Abidjan, le vendredi 18 juillet 2025-Après l’Ivoire Tech Forum, Joel Kuegah, qui a dirigé une importante délégation de startups ivoiriennes, a répondu à nos questions.

Que pouvez-vous dire sur cette première édition d’Ivoire Tech ?

 

Un salon qui réunit les startups pour parler de tout ce qu’il y a comme innovation sur le plan technologique. Moi je pense que cette initiative du gouvernement est à féliciter. Surtout qu’il va injecter une grosse manne financière, près de 100 milliards de FCFA, pour soutenir les startups. Ce qu’attendent, les décideurs, c’est que les entreprises soient autonomes et qu’ils sortent des solutions, des innovations qui impactent la jeunesse et le monde. Donc c’est une très bonne initiative.

On sent que les jeunes sont très attirés par tout ce qui est numérique, les métiers du numérique. Puisque l’avenir, c’est le numérique. Tout est digital aujourd’hui. Nous retenons que ces initiatives sont à renouveler. On a reçu des enfants qui sont très impressionnés par les drones, les robots, la réalité virtuelle. On espère que ça va se perpétuer. Et on va dire merci au gouvernement de Côte d’Ivoire.

 

Le constat est que, pour ce premier rendez-vous, vous avez déployé un impressionnant dispositif. Qu’est-ce que vous insinuez derrière cette mobilisation ?

 

Nous sommes d’abord une école et ensuite nous avons aussi vos créations. Nous, c’est le groupe Cerco. Au sein de celui-ci, il y a l’université Cerco qui est la première université dans le digital de Côte d’Ivoire et du CAMES. Donc, dans les 19 pays ayant le français en partage, je veux dire.

Alors, c’est une université qui n’est pas comme les autres, parce que chez nous, il n’y a pas de professeur à l’université. Alors nous sommes calqués sur le modèle européen, occidental, où aujourd’hui tout a évolué. L’étudiant devant son ordinateur suit les mêmes cours que les étudiants de l’université du Michigan, par exemple, utilisent pour faire leur certification. Donc nos étudiants ici, à Abidjan, font les mêmes certifications que ceux qui sont à l’université d’Oxford, de Paris ou de Pékin.

 

Donc, du coup, ce sont des certifications internationales. Plus besoin qu’un parent déplace aujourd’hui son enfant pour aller à l’université d’Ontario au Canada faire un diplôme universitaire de là-bas qui est très reconnu ici. Donc, du coup, ce sont des certifications qui aboutissent au diplôme.

Et les diplômes sont certifiés par l’État de Côte d’Ivoire, reconnus par le CAMES et donc sur le plan international. Donc, nous avons nos étudiants qui sont même aujourd’hui dans le service informatique de l’armée américaine.

 

Vous êtes 100 % digital ?

 

À CERCO, tout est digital. Nos formations sont digitales. Data Scientist, nous sommes Big Data, nous formons à la programmation, nous formons au marketing digital, à l’hôtellerie, à la restauration, rien qu’avec le digital.

Alors, la particularité à l’université, c’est que l’étudiant apprend tout en s’amusant. Ce n’est plus cette façon de donner les cours où vous êtes figé 8 h à 10 h ; vous avez mathématiques, vous êtes contraint d’être là. Même si vous n’êtes pas bien portant, ce n’est pas ça.

L’étudiant est libre d’organiser sa journée de cours en tâche en situation d’entreprise, de travail. Nos étudiants touchent à tout. Ce qui fait qu’ils allient les cours à la pratique au même moment.

On a une usine d’assemblage de smartphones. Et d’ailleurs, j’en venais, parce que nous avons sorti le premier smartphone intelligent. Parce que les Européens, les Occidentaux ont toujours pensé qu’un Africain ne pouvait jamais inventer ou sortir un smartphone qui rivalise avec leur smartphone comme les iPhones. Mais nous avons démontré le contraire. Et cela nous a valu une reconnaissance mondiale, le premier prix du smartphone mondial. Donc une reconnaissance qui célèbre nos téléphones qui sont de marque Open.

 

Comment vos étudiants arrivent-ils à allier cours et travail à l’usine ?

 

Nous avons avec notre groupe l’université, l’institut et Open Moïse, notre usine à Grand Bassam au Vitib. Où nos étudiants assemblent les smartphones de marque Open que vous voyez là (il nous les montre). Ce sont les mêmes étudiants qui conçoivent les applications. Parce qu’une chose est d’assembler, de sortir un téléphone. Il faut les applications pour les intégrer dans les téléphones. Et nous formons également au marketing digital.

Il faut aussi les vendre, il faut rentabiliser. Nous avons une école de formation en streaming, la vente en ligne. Vous verrez les ring lights, comment parler devant son téléphone, comment fixer le téléphone.

Qu’est-ce qu’il faut dire pour impacter, pour attirer, pour captiver l’attention, pour séduire, pour charmer, pour vendre ? Nous nous formons également dans ce domaine.

 

Quelle est la particularité des smartphones que vous fabriquez ?

 

La particularité de ces smartphones, c’est que, un, c’est le premier smartphone africain conçu par un Africain ; deux, c’est que ce smartphone a plus de 100 langues intégrées, des langues locales, africaines, et 14 langues de Côte d’Ivoire. En fait, on a voulu un peu remédier à un petit souci, parce qu’on a des parents qui ne sont jamais allés à l’école, qui n’ont jamais été scolarisés, et pour même envoyer un petit message, ils sont obligés de solliciter le soutien d’une tierce personne. On a voulu simplifier la vie à ces personnes. Donc, vous avez votre téléphone, vous lui parlez en français, il traduit en dioula, bété, baoulé, dida…

Et l’autre particularité, c’est que nous, nous vendons à l’occidental nos téléphones. Aujourd’hui, en Occident, en Europe. Nous faisons du social, donc les prix de nos téléphones sont entre 20 000 et 40 000 FCFA. Vous prenez l’engagement d’acheter les datas, la connexion internet, au moins pour 1 000 francs par semaine avec nous. 100 000 téléphones qui vont sortir d’usine bientôt.

Aussi, après un an d’utilisation, vous pouvez ramener l’ancien téléphone et vous prenez un nouveau téléphone. Et vous payez la différence de prix.

en dehors du téléphone, nous assemblons nos étudiants parce qu’on les met en situation en même temps de travail. Nous fabriquons les drones, les robots et assemblons aussi les ordinateurs, les tablettes au VITIB à Grand-Bassam.

 

Ces genres d’établissements ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Quelle est la différence avec vous et à combien peut-on estimer les coûts pour un apprenant à votre institut ?

 

Nos diplômes sont quand même très recherchés, puisque nous formons uniquement aujourd’hui sur les métiers d’avenir. Donc un étudiant qui sort de chez nous aujourd’hui est directement récupéré par une entreprise. Nous avons ce genre de problème, ce qui nous amène à faire signer aux étudiants un engagement. On a remarqué que, comme nous avons, disons, un niveau élevé, ce qui fait que lorsque les étudiants viennent à Cerco, ils ne finissent pas l’année, ils tombent sur des entreprises qui les recrutent, et ils arrêtent parce qu’ils ont déjà trouvé 200 000, 300 000 FCFA par mois, et que des parents s’y sont d’accord. Alors que s’ils restaient, ils terminaient leur formation, il y aura forcément une valeur ajoutée qui leur permettrait de gagner 800 000, 1 million, 1 million, 2 millions de FCFA, mais ils sont pressés. Nos formations, c’est vrai que ce n’est pas cher, ça tombe dans les 600, 800, 1 million, plus d’un million, ça dépend de la filière que vous aurez choisie.

Il y a un avantage aussi qu’on offre : si vous pensez que vous avez des raisons valables pour que votre scolarité soit prise en charge en partie ou que vous bénéficiez d’une bourse de Cerco, vous écrivez une lettre motivée que vous envoyez au président du groupe Cerco, qui aime les talents, donc il peut toujours décider de vous accorder une bourse.

Quel est le niveau requis pour accéder à votre institut ?

 

Comme toutes les universités, il faut forcément le BAC normalement.

Mais nous avons élargi le champ au niveau terminal. Au niveau terminal, quelqu’un qui a composé le BAC, un élève qui a composé le BAC, même s’il échoue au BAC, il a déjà 150 points. Il peut déjà être admis, puisque je parle d’un étudiant, à l’université. On a créé des plateformes sur lesquelles les étudiants peuvent se renseigner. Donc je pense que même s’ils vont sur groupe-cerco.com, ils peuvent voir toutes les informations, les dossiers à fournir, les filières. Après, on va les inviter au choix de la filière qu’il faut, aux coûts des formations. Je pense que dès que vous allez sur groupe-cerco.com, vous avez un peu les détails.

 

 

 

 

 

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