Elitenews.com/Le Conseil des ministres du mercredi 04 février 2026 a officiellement adopté le Plan national de développement (PND) 2026 – 2030 avec une enveloppe record qui double contrairement à celle de la période précédente. A travers ce nouveau plan, le gouvernement Mambé 2 a pris ses marques et rassuré le chef de l’Etat de son entière disponibilité à atteindre les objectifs.
L’ambition du gouvernement est sans précédent, celle de transformer la croissance pour en faire le moteur de bien être social et une forte industrialisation. Le pays amorce un changement d’échelle historique. L’annonce a fait l’effet d’un choc dans les États de la sous-région. Pour son nouveau cycle quinquennal de planification, la Côte d’Ivoire prévoit un investissement global de 114 838,5 milliards de FCFA. Pour mieux cerner l’ampleur de ce saut de géant, il suffit de se référer au PND 2021-2025, déjà jugé ambitieux à l’époque. Il se chiffrait à 59 000 milliards de FCFA. En doublant la mise (+94,6 %), l’État ivoirien ne se contente plus de gérer sa croissance mais lance une offensive généralisée pour saturer les secteurs stratégiques d’investissements productifs.
Une croissance soutenue à 7,2 %, pilier de la confiance des investisseurs
Selon le Ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, Amadou Coulibaly, ce plan repose sur une projection de croissance économique moyenne de 7,2 % sur la période 2026-2030. Dans un contexte de volatilité des marchés mondiaux, ce chiffre n’est pas qu’une simple prévision ; c’est un engagement de stabilité. En maintenant une croissance supérieure à 7 %, la Côte d’Ivoire renforce sa position dans le peloton de tête des économies les plus dynamiques du continent, garantissant ainsi la viabilité de sa dette et l’attractivité de son marché pour les investisseurs directs étrangers (IDE).
Le PND 2026-2030 repose sur de trois axes directeurs qui marquent une évolution de la doctrine économique nationale. Premièrement, il s’agit de la transformation structurelle de l’économie dont le but principal n’est pas de produire du cacao ou de l’anacarde mais de les transformer sur place. Le plan vise à accélérer la création d’unités industrielles pour capter la valeur ajoutée qui, jusqu’ici, s’échappait vers les ports d’Europe ou d’Asie.
Deuxièmement, mettre l’accent sur le développement du capital humain qui est le projet phare de ce quinquennat. Le pays à l’instar des autres Etats africains connaît une démographie galopante. L’investissement dans l’éducation technique, la formation professionnelle et la santé est perçu comme le seul moyen de transformer le dividende démographique en levier économique. Le dernier pilier sur lequel repose le plan pour la grande Côte d’Ivoire concerne l’amélioration durable des conditions de vie des populations. Cet axe social vise à réduire les poches de pauvreté restantes et à harmoniser le développement entre Abidjan et les régions de l’intérieur, notamment par l’accès universel à l’eau potable et à l’électricité.
Le défi du financement : Le secteur privé au premier rang
Mobiliser plus de 114 000 milliards de FCFA est un défi herculéen mais pas impossible. Si l’État compte sur l’optimisation de ses recettes fiscales et l’appui des partenaires multilatéraux, le succès du PND 2026-2030 repose intrinsèquement sur la mobilisation du secteur privé. Comme pour les plans précédents, le gouvernement devra rassurer les investisseurs sur la sécurité juridique, la transparence administrative et la poursuite de l’amélioration du climat des affaires. Les Partenariats Public-Privé (PPP) seront les fers de lance de cette stratégie, notamment dans les infrastructures lourdes et l’énergie.
Pour les analystes économiques avertis, ce plan est un pari sur la résilience. L’augmentation massive du montant global suggère que la Côte d’Ivoire dispose d’un carnet de projets matures et d’une capacité d’absorption financière renforcée. Toutefois, le défi de l’exécution restera central. La capacité du gouvernement à maintenir la rigueur budgétaire tout en déployant des investissements d’une telle envergure sera scrutée de près par les agences de notation.
En doublant son budget de développement, le pays envoie un signal fort à l’Afrique et au monde entier. la Côte d’Ivoire veut démontrer qu’elle dispose d’une puissance économique établie.
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