Elitenews.com/Face à la prolifération des sites d’extraction clandestine qui menacent l’équilibre écologique et social de leur région, les autorités coutumières du Moronou ont décidé de rompre le silence. À travers une pétition historique, les têtes couronnées interpellent l’État ivoirien et réaffirment leur opposition radicale à toute forme d’exploitation minière non autorisée.
Une union sacrée des dix tribus
Le message est clair et porté par une voix commune. Nanan Yoman II, chef du village de Banabo, s’est fait l’écho d’une mobilisation sans précédent : l’ensemble des chefs de villages représentant les dix tribus du Moronou a apposé sa signature au bas d’une pétition officielle. Ce document, transmis aux autorités compétentes, marque une ligne rouge infranchissable pour les responsables coutumiers qui refusent désormais d’être associés, de près ou de loin, aux dérives de l’orpaillage illégal.
Distinguer l’exploitation légale du pillage clandestin
Pour Nanan Yoman II, il ne s’agit pas d’un refus systématique de l’activité minière, mais d’une exigence de légalité. La région du Moronou cohabite aujourd’hui avec deux réalités opposées : d’un côté, une exploitation minière réglementée, pourvoyeuse d’emplois et respectueuse des normes ; de l’autre, un orpaillage sauvage qui échappe à tout contrôle.
« Les chefs traditionnels et les communautés locales ne peuvent cautionner des activités qui s’opèrent au mépris des lois », a martelé le porte-parole des têtes couronnées. La pétition souligne que si les chefs soutiennent les entreprises dûment autorisées par l’État, ils entendent se désolidariser totalement des orpailleurs clandestins qui dégradent les sols et polluent les cours d’eau.
La transparence au cœur de la stratégie
L’initiative des chefs du Moronou repose sur un protocole rigoureux d’information et de collaboration avec l’administration préfectorale. Nanan Yoman II a précisé que les chefs sollicitent systématiquement le Préfet de région et les Sous-préfets pour obtenir une cartographie précise des projets miniers autorisés.
Une fois ces données techniques et juridiques vérifiées, elles sont partagées en toute transparence avec les populations locales. Ce n’est qu’à cette condition que les propriétaires terriens, en toute connaissance de cause, décident ou non de mettre leurs parcelles à disposition. Cette démarche vise à instaurer un cadre sécurisé où l’exploitation minière devient un levier de développement économique et social, plutôt qu’une source de conflits.
Protéger l’héritage des générations futures
En prenant cette position ferme, les chefs traditionnels du Moronou agissent en rempart contre l’insécurité et les risques sanitaires liés à l’usage de produits toxiques sur les sites clandestins. Cette mise en garde solennelle adressée aux orpailleurs illégaux est également un appel au gouvernement pour un renforcement de la surveillance sur le terrain.
En protégeant leurs terres, les chefs du Moronou rappellent que le patrimoine naturel de la région est un bien précieux qu’ils entendent léguer intact aux générations futures.
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