Dossier Remblayage : Le Ministère de la Construction brise le silence

Elitenews.com/Le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme (MCLU) fait l’objet de plusieurs publications mettant en cause son implication dans des opérations de remblayage sur le domaine fluvio-lagunaire du District d’Abidjan.

 

Depuis quelques jours, une affaire de remblayage du domaine fluvio-lagunaire dans certaines zones du district d’Abidjan défraie la chronique. La polémique grandissante est alimentée par des images de chantiers sur les berges de la lagune Ebrié. Les réseaux sociaux et certains médias se font l’écho d’une transformation inquiétante du paysage lagunaire abidjanais. Des tonnes de terre sont déversées dans le domaine fluvio-lagunaire, modifiant les traits du District d’Abidjan. 

Dans un communiqué dont la rédaction de l’Avenir a reçu copie jeudi 21 janvier 2026, le ministère de la Construction a tenu à lever toutes équivoques.

Dans une mise au point ferme, l’administration décline toute responsabilité dans les autorisations de remblayage et met en garde contre une insécurité foncière majeure pour les acquéreurs de ces parcelles. Devant la montée des critiques mettant en cause l’autorité urbaine, le MCLU a décidé de clarifier les compétences institutionnelles et de rappeler la loi.

Le premier point de clarification apporté par le ministère est d’ordre juridictionnel. Si le citoyen perçoit toute modification du sol comme une affaire d’urbanisme, la loi ivoirienne est plus nuancée. « Le domaine fluvio-lagunaire relève du domaine public de l’État et fait l’objet d’un cadre juridique spécifique », rappelle le communiqué du ministère.

Une compétence exclusive hors du périmètre du MCLU

En clair, la gestion, l’autorisation et la police des opérations de remblayage ou de dragage ne relèvent pas du Ministère de la Construction. Cette mission incombe exclusivement aux autorités compétentes en matière maritime. Pour couper court aux rumeurs d’implication de ses services, le MCLU est catégorique et indique qu’aucune autorisation relative à de tels travaux n’a été délivrée par ses bureaux.

Le SDUGA : Un bouclier réglementaire inviolé

Toutefois, le rôle du MCLU n’est pas inexistant. Il intervient en amont, à travers les instruments de planification tels que le Schéma Directeur d’Urbanisme du Grand Abidjan (SDUGA) et les Plans d’Urbanisme Directeurs (PUD). Ces documents, qui font office de « constitution urbaine » pour la métropole, classent de manière immuable le domaine fluvio-lagunaire en zones non urbanisables. Ces espaces sont définis comme des zones structurantes devant être impérativement préservées. À ce jour, précise le Ministère, aucune modification n’a été apportée à ces documents de planification pour permettre la régularisation de remblais effectués en dehors du cadre légal.

Le remblayage sauvage frappée d’une invalidité juridique absolue

Le risque de spoliation est sans doute le point le plus crucial pour les populations et les investisseurs. Concernant ce point, le ministère prévient que toute parcelle issue d’un remblayage sauvage est frappée d’une invalidité juridique absolue.

« Toute occupation ou acquisition de parcelles issues de remblais sur le domaine fluvio-lagunaire ne peut donner lieu à la délivrance d’un titre de propriété ni à une reconnaissance foncière par les services compétents. » explique le communiqué.

En d’autres termes, acheter un terrain « gagné sur la lagune » sans autorisation maritime préalable revient à investir dans le vide. Aucun Arrêté de Concession Définitive (ACD) ne sera délivré sur ces espaces, laissant les acquéreurs sans recours légal face à d’éventuelles démolitions ou déguerpissements futurs.

Vers une application stricte des mesures de 2022

Le Ministère rappelle également que le Conseil des Ministres du 23 février 2022 avait déjà adopté des mesures vigoureuses pour encadrer ces activités. Le MCLU s’attache à l’application stricte de ces décisions gouvernementales qui visent à protéger le cadre de vie et la cohérence de l’aménagement du territoire. En réaffirmant son engagement pour la protection des espaces naturels, le Ministère de la Construction invite les populations et les opérateurs économiques à une extrême vigilance. insistant sur le fait que la lagune n’est pas un terrain à bâtir, et l’État ne régularisera pas le fait accompli.

 

 

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