Elitenews.com/Le géant italien Eni a officialisé ce jeudi la cession de 10 % de ses parts dans le gisement offshore Baleine à la compagnie nationale azerbaïdjanaise SOCAR. Cette opération, qui intervient après l’arrivée du suisse Vitol, achève la reconfiguration du tour de table du plus grand projet pétrogazier de l’histoire ivoirienne.
L’accord signé ce jour marque une étape clé dans la stratégie de gestion active du portefeuille d’Eni. En cédant une fraction de ses actifs tout en conservant le pilotage opérationnel, le groupe italien applique son modèle de « satellite » : monétiser ses découvertes dès l’entrée en production pour autofinancer son expansion. À l’issue de cette transaction, la nouvelle structure du capital se présente comme suit, Eni (Opérateur) représente 37,25 %, Vitol : 30 %, Petroci (Société nationale) 22,75 % et SOCAR 10 %.
Pour Eni, cette manœuvre permet de libérer des ressources financières pour l’exploration de ses dix autres blocs en Côte d’Ivoire, tout en consolidant une alliance mondiale avec SOCAR, déjà amorcée en 2024 par des protocoles sur la transition énergétique et les biocarburants.
Baleine : Un géant aux pieds d’or pour l’économie ivoirienne
Découvert en 2021, le champ Baleine n’est pas qu’un simple projet pétrolier ; c’est le poumon énergétique de la Côte d’Ivoire. Mis en service en un temps record (2023), il s’impose comme le premier projet à « émissions nettes zéro » du continent africain. La production actuelle est de 62 000 barils de pétrole/jour avec un impact énergétique de 75 millions de pieds cubes de gaz/jour, dont la majeure partie alimente les centrales électriques locales. La viabilité économique du champ est assurée pour les trois prochaines décennies précisément à l’horizon 2059.
L’arrivée de SOCAR intervient à un moment charnière. La Phase 3 du projet est actuellement en cours d’étude, avec une décision finale d’investissement (FID) attendue d’ici fin 2025. Cette nouvelle étape ambitionne de porter la production à des niveaux record de 150 000 barils de pétrole et 200 millions de pieds cubes de gaz par jour.
En intégrant un partenaire étatique comme SOCAR, Eni sécurise non seulement le financement de cette expansion, mais renforce aussi la dimension géopolitique du projet Baleine.
La crédibilité du pays sous l’impulsion des réformes du secteur des hydrocarbures
Cette recomposition de l’actionnariat est un signal fort envoyé aux marchés internationaux : le bassin sédimentaire ivoirien est devenu un actif « premium ». L’entrée successive d’un leader mondial du négoce (Vitol) et d’une major étatique (SOCAR) démontre la crédibilité du pays sous l’impulsion des réformes du secteur des hydrocarbures. Pour la Côte d’Ivoire, le gisement Baleine confirme son rôle de futur hub énergétique régional, capable d’attirer les capitaux les plus diversifiés.
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