Elitenews.ci /La Côte d’Ivoire figure sur la liste restreinte des 13 pays africains dont les croissances seront les plus rapides dans le monde. Le rapport met en relief des facteurs devant permettre à l’atteinte de ces objectifs.
Le continent africain s’apprête à devenir le moteur de la croissance globale. Selon le dernier rapport de l’Economist Intelligence Unit (EIU) publié fin décembre 2025, 13 nations africaines, dont la Côte d’Ivoire, devraient enregistrer des performances spectaculaires avec une croissance supérieure à 6 % en 2026.
Dans son rapport intitulé « Africa Outlook 2026 : Growth and Opportunity Amid Geopolitical Shifts », le cabinet britannique EIU dessine une carte de l’Afrique résiliente. Malgré les turbulences géopolitiques mondiales, le continent profite d’un reflux de l’inflation pour accélérer sa transformation.
Le Grand Réveil des Économies Africaines
Le rapport identifie un groupe d’élite de treize pays dont les taux de croissance feront partie des plus rapides au monde. En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire mène la danse aux côtés du Sénégal, de la Guinée, du Libéria, du Ghana, du Togo et du Niger. À l’Est, le dynamisme est tout aussi marqué avec l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda. Ce tableau est complété par la Libye au Nord et le Mozambique au Sud.
Pour la Côte d’Ivoire et ses voisins d’Afrique de l’Ouest, ces facteurs sont dopés par des projets d’envergure telles que le développement des infrastructures, la transformation numérique, l’afflux soutenu d’investissements directs étrangers, l’expansion des marchés régionaux et l’intégration plus profonde dans les chaînes de valeur mondiales, garantissant une dynamique solide à moyen terme.
Cette accélération des Etats de l’Afrique de l’Ouest ne doit rien au hasard. Elle est le fruit de plusieurs leviers structurels interconnectés.
Ces moteurs seront complétés par d’importants projets d’investissement dans les hydrocarbures, les énergies renouvelables et l’exploitation minière, qui renforceront la dynamique de croissance à moyen terme.
À l’opposé de cette ferveur, l’Afrique du Sud affiche une trajectoire plus timide. La nation arc-en-ciel devrait stagner avec une croissance modeste située entre 1,5 % et 3 % en 2026. Ce ralentissement s’explique par le maintien de taux d’intérêt élevés et, surtout, par l’impact sévère des nouveaux droits de douane américains (30 %) pesant sur ses exportations. Si une légère accélération est attendue au second semestre 2026, l’économie la plus industrialisée du continent reste en phase de convalescence.
Toutefois, ce tableau brillant comporte des zones d’ombre. Le rapport de l’EIU alerte sur la fragilité de la dette souveraine, qui atteint des niveaux critiques dans plusieurs États. La volatilité des taux de change et l’instabilité du prix des matières premières exposent le continent à des chocs financiers majeurs.
Face à l’absence d’une réponse coordonnée de la communauté internationale, le spectre du surendettement plane sur 2026. Pour des pays comme l’Éthiopie, le Mozambique, la Tunisie et la Zambie, la pression financière sera particulièrement aiguë.
Entre rigueur budgétaire et réformes de rupture
Pour conjurer ces risques, l’EIU prévoit un durcissement des politiques intérieures. Les gouvernements africains devront naviguer entre discipline budgétaire stricte et réformes structurelles audacieuses. Cela passera inévitablement par une libéralisation accrue des régimes de change, l’accélération des programmes de privatisation des entreprises publiques et une amélioration draconienne du climat des affaires pour rassurer les investisseurs privés.
En somme, l’année 2026 sera celle de la vérité pour l’Afrique. Si la Côte d’Ivoire et ses pairs affichent des taux de croissance enviables, la pérennité de ce succès dépendra de leur capacité à transformer cette richesse statistique en stabilité budgétaire durable et en bien-être pour les populations.
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