(Abidjan, 24 juillet 2025)-À l’occasion d’une émission télévisée diffusée sur une chaîne nationale, le mardi 22 juillet 2025, la ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Professeure Mariatou Koné, s’est exprimée sur les préparatifs de la rentrée scolaire 2025-2026.
En réponse aux rumeurs qui évoquaient un éventuel report du calendrier scolaire en raison de l’année électorale en cours, la ministre a tenu à rassurer les Ivoiriens. Elle a affirmé que la rentrée scolaire aura lieu comme prévu, le lundi 8 septembre 2025 à 7h30. Selon elle, les échéances politiques n’auront aucun impact sur le bon déroulement du calendrier scolaire.
Dans le même élan, Mariatou Koné a présenté les grandes lignes de la politique éducative pour la nouvelle année académique. Elle a réaffirmé l’engagement du ministère à garantir une éducation inclusive et de qualité à tous les enfants vivant en Côte d’Ivoire. Cette volonté politique s’articule autour d’axes prioritaires tels que l’amélioration de la qualité de l’enseignement, le renforcement du dialogue social avec les acteurs de l’éducation et l’optimisation de la gouvernance dans les secteurs public et privé. Ces priorités s’accompagnent de réformes structurelles majeures, notamment la révision curriculaire pour adapter les programmes aux compétences du XXIᵉ siècle, la digitalisation du système éducatif à des fins pédagogiques et administratives, ainsi que la mise en œuvre de la stratégie nationale d’alphabétisation révisée.
La ministre a également évoqué la reconduction des contrats de performance instaurés lors de la précédente rentrée. Ces contrats, signés par les responsables éducatifs à différents niveaux, visent à fixer des objectifs clairs en matière de résultats scolaires, de gestion administrative et de performance. Des mesures sont envisagées en cas de non-respect de ces engagements, notamment des redéploiements ou des remplacements.
La lutte contre la tricherie en milieu scolaire figure également parmi les priorités du ministère. Outre la vidéosurveillance, des dispositifs supplémentaires comme les détecteurs de métaux et les capteurs de signaux électroniques seront déployés pour renforcer la transparence des examens. La ministre encourage par ailleurs une culture de la dénonciation responsable, impliquant les élèves, les parents et le personnel éducatif.
Concernant les grossesses en milieu scolaire, Mariatou Koné a reconnu que, bien que les chiffres soient en baisse, la situation demeure préoccupante. Elle a annoncé que le nombre de cas est passé de 6 682 en 2022-2023 à 4 266 en 2024-2025, soit une diminution de 36,55 %. Ce recul est salué comme un progrès, mais la ministre insiste sur l’objectif de tolérance zéro. Elle a identifié trois profils d’auteurs de ces grossesses : les élèves eux-mêmes, certains acteurs du secteur informel tels que les artisans ou commerçants, et une infime minorité d’enseignants. Ces derniers, lorsqu’ils sont reconnus coupables, sont immédiatement sanctionnés par des mesures disciplinaires allant jusqu’à la radiation et des poursuites judiciaires. Pour prévenir davantage ces situations, le ministère encourage le rapprochement des établissements scolaires avec les familles afin de permettre aux élèves de rentrer chez eux durant les pauses, limitant ainsi les risques d’exposition à des environnements à risque. La ministre a aussi rappelé que toutes les jeunes filles enceintes ont droit à un report de scolarité, leur permettant de reprendre les cours après l’accouchement sans être pénalisées. Elle a exigé que cette mesure soit appliquée dans tous les établissements, y compris les écoles confessionnelles, et a invité les parents à signaler tout manquement via le numéro vert 99 91.
S ’agissant de la prime d’incitation, Mariatou Koné a salué la maturité et le sens du dialogue des enseignants, qu’elle considère comme des partenaires essentiels. Elle a indiqué que des avancées significatives ont été obtenues grâce aux discussions avec le gouvernement, notamment la levée des blocages salariaux et la réintégration de certains agents. Un comité transversal présidé par la ministre de la Fonction publique est actuellement à l’œuvre pour traiter cette revendication de manière structurelle. La ministre a précisé que le ministère de l’Éducation nationale joue un rôle de porte-voix auprès des autres départements concernés et qu’un chronogramme a été établi avec la participation active des syndicats.
La rentrée scolaire 2025-2026 s’inscrit ainsi dans une dynamique de transformation profonde du système éducatif ivoirien, avec pour ambition de bâtir une école moderne, inclusive, et résolument tournée vers l’excellence.
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