Abidjan, le 10 juillet 2025-Les États Unis ont expulsés huit hommes vers le Soudan du sud. Ces personnes arrivées le samedi 05 juillet 2025 étaient détenus plus d’un mois à Djibouti à la suite de la validation par la Cour suprême des États Unis de leur expulsion.
Le Soudan du sud est dans le viseur des États-Unis et figure sur la liste des pays interdits de voyage à cause de la criminalité, des enlèvements et des conflits armés qui sévissent dans cet Etat.
Les huit hommes, condamnés pour des crimes aux États-Unis, avaient purgé leur peine ou étaient sur le point de le faire.
Le groupe, qui avait d’abord été envoyé au Soudan du Sud en mai, avait été redirigé vers Djibouti lorsque le juge fédéral Brian E. Murphy avait déclaré que les hommes n’avaient pas eu « l’opportunité significative » d’objecter que l’expulsion vers ce pays pourrait les mettre en danger. Selon l’agence AP, le groupe a été expulsé par avion des États-Unis quelques heures seulement après avoir reçu l’avis, sans avoir eu la possibilité de contacter des avocats. La semaine dernière, la Cour suprême a annulé la décision du juge fédéral.
Ces expulsions de migrants des États-Unis vers des pays tiers rappellent la tentative d’accord entre le gouvernement britannique et le Rwanda, très critiqué à l’époque et désormais abandonné. Le Soudan du Sud n’est en effet le pays d’origine que de l’un des hommes qui viennent d’être pris en charge dans le pays ; les autres sont originaires de Cuba, du Laos, du Mexique, du Myanmar et du Viêt Nam. Selon les autorités américaines, la plupart des pays d’origine des huit hommes ont refusé de les accueillir.
Selon le New York Times, les États-Unis ont l’intention d’étendre leur réseau d’expulsions vers des pays tiers : ils ont demandé ou prévu de demander à au moins 58 pays d’accueillir des personnes qui ne sont pas leurs citoyens. Jusqu’à présent, huit pays auraient accepté l’offre : le Costa Rica, le Salvador, le Guatemala, le Kosovo, le Mexique, le Panama, le Rwanda et maintenant le Soudan du Sud.
Parmi les nations désignées par l’administration Trump comme pouvant accueillir des migrants figurent des pays en guerre ou dont la situation politique est précaire, comme l’Ukraine, la Syrie, ou encore la République démocratique du Congo. La majorité des 51 pays vers lesquels les États-Unis envisageraient de déporter des migrants se trouvent en Afrique (31 pays).
Des expulsions de ressortissants étrangers des États-Unis vers des pays tiers ont déjà eu lieu cette année. Il s’agit notamment de plus de 130 Vénézuéliens envoyés dans une prison du Salvador et d’environ 200 migrants, dont 80 enfants, originaires de pays tels que l’Afghanistan, la Russie, la Chine et l’Inde, envoyés au Costa Rica.
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